Régression dans la politique forestière stéphanoise

Le Conseil municipal de Saint-Etienne a adopté le 5 juillet un plan de gestion pour la forêt communale de Saint-Etienne jusqu’en 2029 sur la base principale de l’exploitation du bois. Les générations passées ont légué une forêt communale qui protège la ressource en eau et qui permet l’accès des stéphanois urbains à une zone naturelle proche. Les générations futures se retrouvent avec une forêt d’exploitation.

Alors qu’un accord vient d’être signé au niveau régional le 25 mars 2010 , y compris avec la forêt privée, fixe un objectif de 10% de zone laissée en libre évolution (sénescence), dans la forêt stéphanoise publique dont l’objectif est la protection, dont le relief accidenté limite les accès les zones de sénescence ont été limitées à 3,8 %.

Le plan considère qu’une cartographie des habitats naturels « mériterait » d’être faite. C’est stupéfiant d’élaborer un plan de gestion pour 20 ans sans avoir une cartographie précise. Il est simplement prévu un budget de 2 000 € hors taxes par an pour l’estimation de la biodiversité et le suivi (le suivi des îlots, les études faune-flore, etc.) autant dit rien du tout. L’équilibre faune-flore ne sera pas garanti par des études scientifiques mais par … l’augmentation des attributions du plan de chasse. Le public est plus considéré comme un gêneur qui doit avoir son accès limité.

Au lieu de reconnaitre la vocation plurifonctionnelle de la forêt stéphanoise, et maximiser les services écologiques, en basant la gestion sur la connaissance scientifique et la pédagogie vis-à-vis du public, la ville de Saint Etienne choisit une forêt d’exploitation et de rapport.

Le fait que les liens entre la ville et la FRAPNA se distendent explique aussi l’évolution politique de la municipalité, qui délaisse l’écologie globale au profit d’une pseudo écologie urbaine basée sur un discours sur les citoyens et l’eau ou les déchets et des expositions photos. C’est bien entendu aux antipodes du Grenelle de l’Environnement.

Le groupe auquel j’appartiens a voté contre ce rapport qui a pourtant malheuresuement été adopté.

Intervention au Conseil Municipal du 5 juillet

Je vous avais dit Monsieur le Maire, que je souhaitais évoquer en même temps le problème de la forêt communale ainsi que le barrage de Lavalette et le service des eaux, car cela constitue un tout écologique.

Tout d’abord, je rappelle que l’eau de Saint-Etienne est globalement de bonne qualité, comparativement à de nombreuses régions, pour une raison très écologique, à savoir que nous sommes en amont du bassin. De ce fait, les eaux sont plus pures, puisque nous sommes plus proches du haut du bassin et que l’eau se dégrade au fur et à mesure que nous arrivons vers l’embouchure des fleuves. C’est de l’écologie de base.

Il est donc normal qu’en amont du bassin, nous ayons accès à des eaux de meilleure qualité. En revanche, l’exigence pour recéder dans le milieu naturel est plus forte, puisque nous devons rejeter dans un milieu qui doit être de meilleure qualité écologique qu’en aval et que le débit est moins grand.

Nous avons donc des raisons normales qui font que nous devons dépenser plus d’argent sur l’assainissement que sur l’eau potable. C’est le contexte général.

Notre eau vient de deux sources : le barrage de Lavalette et le bassin versant du Furan. Historiquement, c’était deux-tiers Lavalette et un tiers le Furan. Aujourd’hui, c’est moitié-moitié. Donc, les eaux sont mélangées. Or, l’eau de Lavalette est plus polluée que l’eau du Pas-du-Riot, pour des raisons évidentes, à savoir toutes les activités agricoles autour du barrage de Lavalette et les activités de tourisme qui y ont lieu. Pour l’instant, on ne fait pas de voile sur le barrage du Pas-du-Riot, qui est donc davantage protégé.

Nous nous sommes réjouis de la convention sur le tourisme. Il se pose toutefois le problème de la protection du bassin versant dans son ensemble et donc des activités agricoles sur le bassin versant de Lavalette.

Monsieur le Maire, puisque vous allez signer sur place, vous serez donc notre porte-parole. Il serait peut-être intéressant alors d’inciter à commencer à réfléchir au passage à l’agriculture biologique d’un certain nombre d’exploitations qui sont sur le bassin versant.

Comme par hasard, vous avez également une volonté de faire du Bio de proximité au niveau des cantines et autres. Cela peut éventuellement constituer un effet levier politique.

Vous allez me dire que vous n’avez pas réellement d’influence sur les agriculteurs de la Haute-Loire et sur les communes, mais voilà le genre de questions que l’écologie nous conduits à prendre en compte.

J’en viens au dossier n°28 proprement dit, parce que la forêt communale de Saint-Etienne est l’un des grands éléments de protection de notre ressource en eau : elle garantit une meilleure qualité de l’eau du Furan par rapport à celle de Lavalette, ce qui nous permet de diluer et donc d’améliorer la qualité de l’eau. Cette forêt communale est donc l’un des éléments de la protection de notre patrimoine extraordinaire.

Aujourd’hui, vous promettez sur Lavette la double utilité eau potable et tourisme. Nous sommes exactement devant la même question au niveau de la gestion des forêts, avec des forêts « multi-fonctions », à la fois production de bois, protection de la biodiversité, zone de loisirs et d’accès à certains types de loisirs dont on doit savoir qu’ils ne s’excluent pas les uns les autres. C’est donc cet ensemble qu’il faut gérer.

Le dossier de gestion du massif des Grands Bois que vous nous soumettez au vote, prétend en fixer la gestion jusqu’en 2029, ce qui n’est pas négligeable. Nous sommes à grande échelle et à long terme. Vous l’avez négocié avec l’ONF. Or, c’est pratiquement un plan d’exploitation du bois. Il tient très marginalement compte des autres usages.

Je vais donner des exemples, à commencer par la biodiversité. Aujourd’hui, un accord vient d’être signé concernant les zones de sénescence, où l’on n’exploite pas et où l’on fait vieillir du bois car cela nourrit un certain nombre d’espèces. Cet accord, qui vient d’être signé au niveau régional par l’ensemble des propriétaires forestiers privés et les communes forestières, sous l’égide du Préfet de Région, comporte un objectif de 10 % de zones de sénescence.

Nous sommes là sur une forêt de protection, avec 3,8 % de zones de sénescence. Nous sommes donc en dessous de l’engagement pris au niveau régional, y compris par la forêt privée, ce qui pose un problème.

En page 50 du rapport, nous lisons qu’une cartographie des habitats naturels mériterait d’être faite.

Vous nous faites signer un plan de gestion à 2029 en disant qu’il faudrait « peut-être » faire une cartographie des habitats naturels. Effectivement, cela mériterait réellement !

Plus loin, vous dites que l’estimation de la biodiversité et le suivi de l’aspect biodiversité dans cette forêt (le suivi des îlots, les études faune-flore, etc.) s’élève à 2 000 € hors taxes par an. Avec cela, vous aurez effectivement beaucoup de connaissances de ce qui s’y passe ( !?).

En page 58, on nous dit que l’équilibre faune-flore ne pourra se faire qu’avec la reconnaissance du problème au niveau local et donc l’augmentation des attributions du plan de chasse. Je ne comprends pas. Vous voulez dire que la façon de bien gérer la connaissance du milieu revient à augmenter les plans de chasse ? Peut-être, mais la preuve est difficile à apporter.

Enfin, c’est une zone où beaucoup de Stéphanois se promènent, donc la cohabitation avec la chasse n’est pas simple. Mais ce n’est pas à l’accueil du public de dire que nous avons un patrimoine, de faire de l’éducation, d’expliquer aux gens leur connaissance du milieu et de faire de la pédagogie de proximité. Non, l’accueil du public dans ce plan, c’est les gêneurs : on doit contrôler les usagers qui sont devenus ceux qu’il faut éliminer de la zone !

L’esprit de ce plan est donc absolument accablant. D’autant plus que vous avez exclu de la réflexion sur le plan de gestion la FRAPNA, c’est-à-dire que les associations qui sont en charge de l’environnement, qui connaissent les écosystèmes, qui sont capables de vous dire ce que je viens de vous dire, c’est-à-dire de l’écologie de base, sont exclues de la négociation. Elles n’ont pas été consultées. Je sais que vos relations avec la FRAPNA ne sont pas très bonnes. Vous vous apprêtez à arrêter la Maison de la Nature au niveau de Saint-Etienne Métropole. En même temps, vous subventionnez une Maison de l’Ecologie, sur des critères plus politiques que de véritable compétence sur le sujet.

Il y a une réelle dérive et ce dossier en est la preuve. En conclusion, nous voterons contre ce dossier.

Intervention au Conseil Municipal du lundi 2 novembre 2009 sur le CASE Rugby

Monsieur le maire,
Vous mettez au vote un avenant de subvention de 30.000 € pour le CASE Basket. Je m’en réjouis pour le club, en revanche je m’inquiète de l’absence du CASE rugby dans cette liste.

Vous n’aimez pas le rugby, vous avez fait une conférence de presse, pour dire qu’il n’y avait pas la place pour le rugby de haut niveau à Saint-Etienne. Comme président d’honneur du CASE rugby, je suis prêt à vous dire pourquoi je préfère le rugby au foot, pourquoi ce sport qui n’est pas gangréné par l’argent ou la violence, véhicule des valeurs de solidarité et d’effort qui vont si bien à l’esprit stéphanois.

Mais en tant qu’élu je défendrai la nécessité de traiter équitablement les sports en fonction de leurs résultats, de leurs engagements vis-à-vis des jeunes et de leur fréquentation.

Le club encadre des jeunes qui sont engagés dans le championnat à tous les niveaux premiers-pas, mini poussin, poussins, benjamins, minimes, cadets, juniors Ballandrade et Reichel, et il anime un tournoi universitaire.
Sur le plan des résultats l’équipe une du CASE est deuxième de sa poule de Fédérale 1 l’élite amateur, et l’antichambre des deux divisions professionnelles : Pro D2 et Top 14. Les tribunes provisoires utilisées par le club sur le stade de l’Etivalière sont bien étroites, et limitent la fréquentation.

Vous tardez à financer le CASE rugby en mettant en péril les finances du club.

Sous votre impulsion Saint-Etienne métropole a refusé l’accès au Stade Geoffroy Guichard, pour le match contre Bézier qui se repliera au stade Roger BAUDRAS à Andrézieux, samedi prochain, match retransmis par Eurosport. Vous savez qu’outre la notoriété, ce match aurait rapporté des revenus au club. Vous ne pouvez justifier ce refus par la fragilité de la pelouse alors que de nombreux clubs de foot et de rugby cohabitent, y compris à cette saison. Il n’y aurait qu’à Saint-Etienne qu’on ne sait pas entretenir une pelouse.
Devant la réprobation qu’avait suscitée ce refus d’accès à une installation publique, vous avez finalement soutenu l’organisation d’une demi-finale du Championnat de France (Top 14) le samedi 15 mai 2010, au stade Geoffroy-Guichard
C’est un peu comme l’opéra vous préférez importer des spectacles que favoriser la production stéphanoise.
Je vous demande monsieur le maire, un simple engagement d’équité, et de nous préciser comment vous aller soutenir le rugby à la hauteur qu’il mérite.

Eau et forêt au conseil municipal

Deux dossiers viennent en discussion lors du Conseil municipal du 29 juin celui des périmètres de protection des eaux sur les communes du basin versant du Furan et la percée d’une piste au Frioul pour exploiter la biomasse. Ces deux dossiers apparemment sans lien le sont par l’écologie. Il faut rappeler que Saint-Etienne a adopté depuis plus d’un siècle l’option de protéger sa ressource en eau par une forêt classée. C’est une approche intégrée qui est nécessaire.

L’exploitation du bois n’est pas partout la solution au changement climatique

Le rapport du Sénateur M. Marcel DENEUX, fait au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifique et technique en 2002, disait clairement : « il n’existe pas de relation directe univoque entre la reproduction ligneuse et le bilan de carbone d’une forêt puisque, au-delà du feuillage, le sol et le sous-bois jouent un rôle important ». Les sols perturbés suite à la récolte seront de grands émetteurs de GES pendant plus d’une décennie. La biomasse n’est pas la solution universelle et elle peut avoir des effets négatifs.

La multiplication des chaudières à bois se fait aujourd’hui sans une prise en compte des ressources existantes à proximité. Ce qui conduit à des transports sur de longue distance ce qui baisse évidemment l’intérêt du fait de l’effet de serre dû aux transports.

L’exploitation de l’ensemble de l’arbre peut avoir des effets négatifs

Même en cas de gestion de la ressource ? elle reste quantitative mais pas qualitative car elle ne tient pas compte de la sensibilité des sols à l’exportation des matières minérales contenues dans le bois. Les rémanents, voire les feuilles selon la méthode et la période d’abattage, sortis de la forêt exportent aussi les matières minérales. Sur un sol très sensible, quelles que soient l’intensité d’exploitation la restitution d’une quantité égale à celle exportée doit être prévue. L’épandage des cendres des chaudières est un moyen présenté pour compenser les exportations minérales.

Il subsiste encore des inconnues sur les effets à long terme sur la fertilité des sols, les impacts sur la flore, la faune et les processus biologiques du sol. Les québécois considèrent qu’il faut éviter l’exploitation dans les zones en pente forte, les bordures de cours d’eau et les régions à risque élevé d’acidification des sols. Cela semble être la situation de la forêt stéphanoise.

Il est donc nécessaire de mettre en place un suivi scientifique rigoureux face aux impacts sur la biodiversité, le cycle du carbone, la régénération, la composition chimique des sols et la remise en productivité de la forêt exploitée.

La question de forêt de l’adaptation aux changements climatiques doit aussi être prise en compte car une forêt dégradée devient de plus en plus vulnérable aux impacts du réchauffement climatique.

Pour le bassin versant du Furan une approche globale est nécessaire, allant jusqu’à prendre en compte l’impact sur la qualité de l’eau.

Intervention au Conseil Municipal du 30 juin 2008

Monsieur le Maire et chers collègues

Je souhaite intervenir sur les dossiers 15, 16, 34, 44, 65 qui portent directement ou indirectement sur des investissements immobiliers.

La préoccupation de lutte contre l’effet de serre rejoint celle du prix de l’énergie. Le Grenelle de l’environnement, qui s’est appuyé sur un consensus entre les collectivités locales, les entreprises les syndicats et les associations, a fixé des objectifs ambitieux en matière de consommation d’énergie dans le bâtiment.
Pour le neuf en 2012 l’objectif est d’atteindre 50KWh/m2/an et en 2020 de généraliser les bâtiments à énergie positive. D’ici 2012 les actions pourront être subventionnées et elles deviendront obligatoires ensuite.

C’est un jeu gagnant/gagnant de développement durable puisqu’en investissant un peu plus on crée plus d’emplois d’un côté, on fait baisser les charges de l’autre, avantages sociaux et économiques, et on contribue à diminuer les émissions de gaz à l’effet de serre et moins consommer de ressources non-renouvelables, avantage environnemental.

On voit ici les différences entre endettement inconsidéré et investissement sur l’avenir : si vous empruntez sur 20 ans pour un investissement qui a un retour sur 10 ans vous êtes bénéficiaire à partir de la 10ème année pour toute la durée de vie du bâtiment. Mais ces subtilités échappent à certains cabinets financiers.

Notre groupe ne s’opposera pas à ces dossiers, mais demande que comme première étape les consommations énergétique par m2 soient inclues dans les projets de délibération à partir du prochain conseil. Ensuite nous attendons de votre par M. le maire un plan pour aligner la construction à Saint-Étienne aux standards du Grenelle, et mobiliser les aides d’ici 2012.

Echec pour Saint-Étienne : Beauseigne

Les deux campagnes de Maurice Vincent et Gilles Artigues ont joué les beauseignes.

Beauseigne est une expression du « patois » de Saint-Étienne, qui signifie littéralement le pauvre, la pauvre, bichette. C’est un peu l’équivalent du peuchère de Marseille. Cette exclamation de pitié serait un diminutif de beau seigneur Jésus. (source wikipedia)

En affichant un manque d’ambition, ces deux candidats ont encouragé ce défaut stéphanois l’esprit beauseigne qui est une vraie résistance au changement.
Maurice Vincent considère qu’il y avait un décalage avec la réalité de terrain, il a fait campagne contre ce qu’il appelait la folie des grandeurs de Michel Thiollière.

Le soir de son élection il a expliqué son succès par « la peur des stéphanois devant la mégalomanie du maire ». Qui a encouragé cette peur ? Il veut faire petit.
Valoriser les réalisations et les succès stéphanois, c’était de l’autosatisfaction pour Gilles Artigues. Il fallait, selon lui, répondre aux attentes des quartiers. Lui aussi a encouragé la vision minimaliste de la politique. Il fallait encourager les personnes âgées à sanctionner le maire pour avoir changé la place de leur arrêt de bus.

La conjonction des deux opposants à Michel Thiollière a réduit le niveau de la campagne. Le Progrès a organisé un seul débat thématique, sur le vélo. Il n’y a eu nulle place pour réfléchir à l’avenir économique de la cité et confronter les visions.

Pour pouvoir financer les quartiers et la solidarité, il faut aussi un projet de développement économique ambitieux, d’attractivité pour les entreprises et les emplois. Il faut maintenir et attirer à Saint-Étienne les jeunes générations. Les grands projets urbains y contribuaient. Je pensais y participer en faisant du développement durable un vecteur de développement économique en s’appuyant notamment sur la rénovation urbaine et le design. Mais c’était parler dans le désert.

Maurice Vincent, professeur d’économie stéphanoise, a toujours évoqué le développement économique, mais sous un angle théorique, sur l’analyse des problèmes mais pas sur l’action. Poussera-t-il sa volonté de réduction des ambitions jusqu’à arrêter le design, à mettre la pédale douce sur la rénovation de l’habitat.. ?

Trouvez ici mon bilan !

Lors du débat sur France 3, Maurice Vincent, a déclaré « Christian Brodhag comme délégué interministériel au développement durable on cherche encore son bilan ». Comme il n’a pas l’air de savoir où chercher, je vais l’aider à trouver.

Entre 2000 et 2003 j’ai présidé les travaux de l’AFNOR sur le développement durable qui a conduit élaborer des lignes directrices, une sorte de mode d’emploi du développement durable et de la responsabilité sociale pour les entreprises.

Dès l’arrivée de Jean-Pierre Raffarin, j’ai participé à deux processus majeurs : au Conseil national du développement durable qui a conduit élaborer la Stratégie nationale de développement durable (que le gouvernement Jospin/Voynet avait dédaigné) et à la Commission Coppens qui a contribué à la rédaction de la Charte de l’environnement. J’ai mené le débat de façon décisive pour que le principe de précaution et le lien entre santé et environnement soient inscrits dans la Constitution. Alors que je n’étais pas « encarté », en juillet 2004 j’ai été nommé par Jean Pierre Raffarin, Délégué interministériel au développement durable, gage d’une appréciation positive de mon action.
Comme Délégué interministériel au développement durable, j’ai conduit des actions au niveau national et international.

J’ai conduit des activités internationales notamment une revue par les pairs de notre SNDD qui est reconnue au niveau mondial. J’ai d’ailleurs été invité à l’automne dernier de présenter cette expérience et le lien avec les changements climatiques devant la 2ème commission de l’Assemblée générale des Nations Unies et à l’appliquer au Burkina Faso pour la francophonie. Je préside aussi un groupe de travail international sur le tourisme durable. Enfin je représente les pouvoirs publics à l’ISO 26000.

Au niveau national, parmi les actions menées avec les équipes que j’animais, je suis particulièrement fier d’avoir pu élaborer avec l’ensemble des collectivités locales un cadre de référence pour les Agendas 21 locaux. Ce cadre est reconnu par l’ensemble des associations d’élus à l’exception de l’association des régions de France, pour des raisons politiciennes. La prise en compte du développement durable dans le nouveau code des marchés publics est un levier essentiel pour promouvoir les écoproduit, et a permis une implication d’acteurs comme l’UGAP la centrale d’achats publics.

En règle générale la mobilisation sur le développement durable des acteurs économiques et sociaux, que j’ai menée, a porté ses fruits. La notoriété du développement durable a progressé de 35% à mon arrivé en juillet 2004 à 76% en juillet 2007 trois ans plus tard. Plus important, ceux qui se jugeaient bien informés sont passés entre les mêmes dates de 10% à 35%. A l’évidence Monsieur Maurice Vincent ne fait pas partie de ces 35%.

Monsieur Vincent peut aussi se renseigner auprès de personnes de son parti que j’ai croisées dans mes activités : Louis Lepensec au Conseil National du développement durable, Ségolène Royal lors du débat sur la Charte de l’environnement, Dominique Jourdain le président des écomaires sur les Agendas 21, ou Bettina Laville l’ancienne conseillère de François Mitterand. Mais il a sans doute peu d’occasions d’échanges avec ces personnalités de son parti.

Des engagements concrets pour convaincre les électeurs écologistes

Avec Michel Thiollière nous avons répondu aux interrogations de 3 associations en matière d’environnement de changement climatique, ce qui place cette liste comme le meilleur choix à Saint-Étienne pour le second tour pour les électeurs de sensibilité écologiste.

Le Réseau Action Climat (RAC) qui est le réseau des associations en charge des changements climatiques a demandé aux candidats d’élaborer un Plan climat énergie territorial (PCET) permettant de faire de la lutte contre les changements climatiques une priorité au sein de la collectivité territoriale. Il demande d’adopter comme objectif une réduction les émissions de gaz à effet de serre de 3 % par an en moyenne pour atteindre – 30 % en 2020, puis la division par 4 en 2050 (“Facteur 4”). Michel Thiollière s’est engagé à réaliser un Agenda 21 local incluant un tel plan climat. La première étape est de mettre en place le système de mesure et le périmètre des actions possibles. Le RAC a publié les réponses des candidats. A Saint-Étienne les listes Thiollière, Longeon et Vincent se sont engagées mas pas celle de Artigues. A Firminy les deux listes Cinieri (UMP) et Juban (PS) se sont engagées. On peut remarquer que les candidats les plus en vue au PS comme à Paris, Lyon, ou Grenoble n’ont pris aucun engagement sur le climat auprès du RAC.

Greenpeace de son côté a envoyé un questionnaire plus précis aux principaux candidats qui a reçu plus de réponses au niveau national que le RAC. Pour Saint-Étienne seules les listes Thiollière et Longeon ont répondu positivement.
Les engagements pris en matière d’éco-responsabilité et de lutte contre les changements climatiques portent sur une politique que j’ai impulsée au niveau national, ces critères ont été repris notamment par l’UGAP la centrale d’achats publics.
Les propositions en matière d’éclairage public, d’énergies renouvelables, ou de bâtiments seront reprises en fonction des renouvellements d’investissement, et une progressivité en fonction des moyens financiers. Une promotion de la production et de la consommation d’agriculture biologique sera mise en place.

Enfin la FRAPNA a interrogé les candidats sur 88 propositions () et a publié les résultats. La liste Michel Thiollière a répondu de façon très précise. Ce que ne retrace pas complètement le site de la FRAPNA. Pour 32 des propositions la ville a déjà engagé des actions significatives à améliorer, 15 propositions apparaissent comme insuffisamment traitées et feront l’objet d’une considération plus précise. 31 propositions ne relèvent pas des compétences mais la ville peut y contribuer utilement, enfin 9 propositions, n’étaient pas pertinentes car relevant uniquement des niveaux régional ou national.

Les engagements seront travaillés avec l’ensemble des acteurs de façon à mettre en place un programme d’action et un système de suivi.
Pour cela un Grenelle de l’environnement local permettra de décliner les objectifs du Grenelle national et les engagements pris vis-à-vis des associations en associant aussi les milieux économiques, les syndicats et les administrations.

Les électeurs qui se sont portés sur la liste des Verts au premier tour ou qui s’étaient abstenus pourront se reporter au second tour vers la liste Thiollière qui est de loin la mieux disante en matière d’environnement et de développement durable.

Voir aussi la vidéo sur le site de campagne.

Développement durable et le développement économique

En matière d’environnement le volet « ville nature » du programme municipal de l’équipe de Michel Thiollière vise l’amélioration de la qualité de vie des stéphanois : espaces verts, propreté, gestion des déchets et de l’eau, pollution atmosphérique…

Le projet développement durable, marque un pas de plus. Il vise à positionner Saint-Étienne comme la ville innovante qui développe des activités et des emplois du développement durable. Le développement durable, c’est gagner en même temps sur l’économique, le social et l’environnement.
En matière environnementale il vise les trois domaines principaux, qui contribuent à consommer les ressources et polluer l’environnement : la consommation si l’on prend en compte l’ensemble du cycle de vie des produits de la production au déchet, les transports et l’habitat.
En matière sociale il s’agit de garantir l’équité d’accès à la qualité de vie, dans chacun des quartiers, mais c’est aussi promouvoir la responsabilité sociale des entreprises.

Sur toutes ces questions Saint-Étienne s’est déjà mobilisé. Il s’agit de faire un pas de plus et apporter de la cohérence et de la visibilité nationale et internationale. Il s’agit de renforcer les entreprises, de créer des activités nouvelles et d’attirer de nouvelles implantations d’entreprises innovantes.

Exemples et chiffres : L’objectif français de réduction par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre à horizon de 2050, correspond en moyenne à une diminution de 3% par an, alors que depuis 1990 ces émissions ont augmenté de 1,6% par an dans le domaine des transports et de l’habitat.
Mais ces émissions proviennent des énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon) dont le prix ne cesse d’augmenter. De 2003 à 2006 le déficit de la balance commerciale française est passé de 4 à 41 milliards de Francs, soit une aggravation de 37 milliards, car dans le même temps les importations d’énergie (principalement pétrole et gaz) ont doublé en passant de 33 à 66 milliards de francs. A cela s’ajoutent les superprofits des compagnie pétrolières, ceux de Total en 2007 ont atteint de 12 milliards de F. Diminuer le recours aux énergies fossiles, c’est à la fois améliorer la situation économique de la France et baisser les émissions de gaz à effet de serre. Ce qui est vrai pour la France l’est aussi pour les particuliers.
Une habitation de 100 m² construite selon les standards d’avant la crise pétrolière de 1974 (c’est-à-dire 60 % du parc en France et en Europe) consomme de l’ordre de 2 200 euros par an de chauffage (avec l’hypothèse d’un baril de pétrole à 90 dollars, alors qu’il est aujourd’hui à 94 $/bl et a même atteint 100), alors que la même habitation bien isolée n’en consomme qu’environ 120 euros ! L’isolation et la réhabilitation des logements s’amortissent en baissant les charges, et créent des emplois.
Investir en France dans les économies d’énergie dans le bâtiment c’est convertir en emploi ce que l’on paie aujourd’hui pour importer le gaz ou le pétrole. Et ce sont des emplois non délocalisables.

Le design sur la production et la consommation : remplir la meilleure efficacité d’usage en utilisant le moins de ressources possibles (Cité du Design, Pôle écoconception à la CCI…)… Depuis toujours, Saint Étienne est une ville au service de la création industrielle et du design.
Les projets en matière de transports collectif et transports doux : organiser la ville (Plan de Déplacements Urbains de secteur ou d’entreprise), et le développement des transports collectifs (la 3ème ligne de Tram, les objectifs de tram train…) et les modes doux
Ces innovations au service des citoyens s’appuieront sur l’organisation d’un dialogue entre les entreprises (CCI, MEDEF, CGPME…), la société civile (syndicats et associations) et les pouvoirs publics (collectivités locales et Etat) comme le Grenelle de l’environnement. La responsabilité sociétale des entreprises sera encouragée. Un plan climat territorial permettra de mesure les progrès.

Saint-Étienne qui a construit son développement initial sur le charbon en inventant la société industrielle (métallurgies, textile… première voie ferrée…), appuiera son développement de demain sur une économie sans carbone en contribuant à inventer l’économie du développement durable.

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Pour une meilleure efficacité environnementale les Verts devraient rompre leur allégeance à gauche

L’alliance systématique des Verts avec le PS a été scellée dans les années 1992-93 avec la prise de pouvoir de Dominique Voynet. Elle a poussé en dehors des Verts de nombreux militants qui ne s’inscrivaient pas dans cette allégeance, tout en en recrutant d’autres plus proche de l’extrême gauche. Les tentatives de créer des mouvements écologistes autres se sont soldées par des échecs. Les Verts continuent donc à capitaliser des voix écologistes au premier tour.

Mais il est temps que les écologistes se posent la question d’un renversement d’alliance. Ils doivent faire le choix le plus efficace pour répondre à l’urgence environnementale. Cette question se pose déjà en Allemagne à Hambourg.

La politique nationale de développement durable menée par l’actuelle majorité depuis 2002 est bien plus ambitieuse que celle qui a été menée par l’alliance PS/Verts de Jospin/Voynet.

Jacques Chirac a voulu que la Charte de l’environnement fasse entrer l’environnement et le développement durable dans la Constitution. Dès son arrivée, Jean-Pierre Raffarin a annoncé l’objectif de réduction par 4 des émissions de gaz à effet de serre, a lancé le plan climat et la Stratégie nationale de développement durable. Le code des marchés publics a été modifié pour intégrer le développement durable. L’environnement est rentré à l’école.

Le Grenelle de l’environnement lancé par Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo a permis un consensus sur l’environnement jamais acquis en France.

Le PS dirige la quasi-totalité des régions. La seule qui lui échappe est la région Alsace, qui justement est la plus exemplaire en matière de lutte contre l’effet de serre, d’économies d’énergie et d’énergies renouvelables, comme vient de le reconnaître l’Europe.
Au niveau local, la prise en compte du développement durable dépend plus des personnalités locales que d’un clivage politique. Il y a d’excellents maires de gauche et d’excellents maires de droite.

Les sympathisants écologistes doivent au second tour prendre en compte la réalité des engagements et non l’actuelle exclusivité qui encourage la paresse écologique de la gauche.

C’est cette analyse qui m’a conduit à participer depuis 5 ans à ce vaste mouvement, non par allégeance à une idéologie de droite mais parce que le changement était possible. C’est la même logique qui me conduit aujourd’hui à être candidat d’ouverture dans la liste de Michel Thiollière à Saint-Étienne, avec comme objectif d’en faire l’agglomération française la plus innovante en matière de développement durable : contribuant au design de nouveaux modes de production et de consommation, et à une rénovation urbaine, habitat et transports, permettant de lutter contre l’effet de serre, d’améliorer la qualité de la vie et de créer des activités économiques et de l’emploi.

J’espère bien que les Verts soutiendront au second tour ce projet.