La démarche proposée repose sur le développement durable. Cela signifie que nous voulons concilier trois dimensions essentielles :
- L’environnement, avec des objectifs ambitieux, comme réduire de 30 % les émissions de CO₂ durant la mandature.
- L’économie, en soutenant les solutions qui créent de l’activité et de l’emploi.
- Le social, en veillant à ce que la transition bénéficie à tous, y compris aux plus fragiles.
Pour le logement, par exemple, la rénovation énergétique permet baisser les émissions, d’améliorer le confort et diminuer la facture. L’adaptation au changement climatique permet de réduire les risques en rendant les populations, les infrastructures et les entreprises plus résilientes, c’est-à-dire plus capables de résister aux crises et à les surmonter, et d’éviter des coûts demain.
Pour réussir, il faut mobiliser l’ensemble des acteurs de la ville. Aujourd’hui, dans une ville/métropole environ 5 % des émissions de gaz à effet de serre proviennent directement de l’administration municipale, 15 % relèvent des politiques publiques de la collectivité, et 80 % dépendent des acteurs privés. Autrement dit, seule une démarche collective, ambitieuse et partagée peut produire des résultats concrets.
La même logique s’applique à la biodiversité. Les « solutions fondées sur la nature » — c’est‑à‑dire l’utilisation du vivant et des écosystèmes pour améliorer notre cadre de vie — sont déjà mises en œuvre dans de nombreuses villes. Elles montrent qu’il est possible de renforcer la biodiversité tout en améliorant le bien‑être des habitants.
Pour avancer efficacement, il faut s’appuyer sur les expériences réussies ailleurs, mesurer les résultats, suivre les programmes, corriger ce qui ne fonctionne pas. De nombreuses normes, méthodes et innovations existent déjà sans avoir été mobilisées à Saint-Etienne : notre objectif doit être de rejoindre le groupe des villes les plus engagées en jouant sur nos atouts.
L’Europe soutient d’ailleurs cette dynamique. Elle finance par exemple des programmes dans 100 villes européennes qui visent la neutralité carbone en 2030. En France, 15 villes ont candidaté et 8 ont été retenues. Saint‑Étienne n’a pas présenté de candidature, manquant ainsi une occasion d’accélérer sa transition grâce aux financements européens.
Trois leviers clés viendront soutenir notre politique de transition :
Le numérique. La transition écologique peut s’appuyer sur la transition numérique afin d’accroître l’efficacité et l’impact des actions publiques. Le déploiement d’outils de mesure et de pilotage (jumeaux numériques, plateformes de données territoriales) permet de suivre les progrès en temps réel grâce à des indicateurs fiables, d’anticiper les évolutions et de piloter les politiques publiques à partir de données scientifiques robustes (modélisation climatique, analyses prédictives, scénarios prospectifs).
L’innovation. L’accélération des transitions écologique et numérique repose sur la structuration d’un écosystème local d’innovation dynamique et collaboratif. Celui-ci doit pouvoir s’appuyer sur des partenariats avec les universités, grandes écoles et laboratoires pour développer des projets de recherche appliquée, sur l’implication des acteurs socio-économiques (chambres consulaires, clusters), sur la coopération avec les startups et PME innovantes, ainsi que sur le soutien aux initiatives citoyennes (fablabs, tiers-lieux) afin de stimuler l’innovation sociale et technologique.
La finance. Dans un contexte de contraintes budgétaires croissantes, la réussite des transitions nécessite une stratégie financière diversifiée, combinée et optimisée. Celle-ci doit mobiliser le plan pluriannuel d’investissement (PPI), les subventions nationales et européennes (Fonds Vert, Horizon Europe), les certificats d’économies d’énergie (CEE), les montages financiers hybrides publics-privés, ainsi que l’épargne locale et les investissements citoyens, afin de sécuriser et amplifier les capacités d’action du territoire, en investissement et en innovation.
